{"id":517,"date":"2021-01-13T11:48:23","date_gmt":"2021-01-13T10:48:23","guid":{"rendered":"http:\/\/eleonore-sibourg.fr\/?p=517"},"modified":"2021-11-03T19:18:52","modified_gmt":"2021-11-03T18:18:52","slug":"publication-la-maison-sur-rue-saint-ambroise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/eleonore-sibourg.fr\/index.php\/2021\/01\/13\/publication-la-maison-sur-rue-saint-ambroise\/","title":{"rendered":"Publication! \u00ab\u00a0La maison\u00a0\u00bb, sur Rue Saint Ambroise"},"content":{"rendered":"<p class=\"google-fonts-blocks\" style=\"font-family: Futura, Trebuchet MS, Arial, sans-serif;font-weight: 700;font-size: 21px;\">Publication! \u00ab\u00a0La maison\u00a0\u00bb, sur le site de la revue Rue Saint Ambroise<\/p>\n\n\n<p><em><strong>Rue Saint Ambroise<\/strong><\/em>, c&rsquo;est une maison d&rsquo;\u00e9dition sp\u00e9cialis\u00e9e dans la nouvelle.  Et on n&rsquo;y ch\u00f4me pas: concours annuel, publication trimestrielle de num\u00e9ros, r\u00e9\u00e9ditions d&rsquo;\u00e9crits de Woolf, de Tchekhov ou de Lovecraft&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab\u00a0La nouvelle de la semaine\u00a0\u00bb<\/strong> propose la lecture en ligne d&rsquo;un texte in\u00e9dit, disponible en version audio.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Chaque semaine, une histoire diff\u00e9rente, \u00e0 retrouver ici: <\/strong> <a href=\"https:\/\/ruesaintambroise.wixsite.com\/nouvelledelasemaine\">https:\/\/ruesaintambroise.wixsite.com\/nouvelledelasemaine<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p>Belle surprise, c&rsquo;est l&rsquo;une de mes histoires qui a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9e pour <strong>la semaine du 11 janvier<\/strong> <strong>2021<\/strong>! <\/p>\n\n\n\n<p>Que vous \u00e9voque votre maison natale? Ses murs abritent des souvenirs mais aussi la petite personne que l&rsquo;on a \u00e9t\u00e9. Ont-ils r\u00e9sist\u00e9 au rouleau compresseur du temps? La nostalgie est parfois un beau sentiment. <strong>Je copie mon r\u00e9cit ci-dessous<\/strong>. Bonne lecture!  <\/p>\n\n\n\n<p> <\/p>\n\n\n<p class=\"google-fonts-blocks\" style=\"\"><br><br>                                                       <strong>La maison<\/strong><br>\u00a0<br>Joshua se tient bien droit. Il regarde la maison, les semelles solidement plant\u00e9es sur le trottoir, comme un arbre sans racines. Il a l\u2019air calme, mais parvient de ses poches le cliquetis nerveux des cl\u00e9s et des pi\u00e8ces de monnaie qu\u2019il remue de ses doigts, sans s\u2019en rendre compte.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vous savez, dit-il, jetant un regard \u00e0 son voisin qui fourrage dans un dossier de papiers, on dit toujours qu\u2019il ne faut pas s\u2019attacher aux choses. Que c\u2019est du mat\u00e9rialisme. Que ce sont les gens qui comptent vraiment. Conneries.<br>Le type \u00e0 c\u00f4t\u00e9 ne prend pas la peine de lever les yeux. Il se contente d\u2019un \u00ab\u00a0hum\u00a0\u00bb un peu grave, une sorte de \u00ab\u00a0oui\u00a0\u00bb mal form\u00e9, lanc\u00e9 \u00e0 la va-vite pour combler la br\u00e8che d\u2019une discussion qui l\u2019indiff\u00e8re. Il continue de tourner ses feuilles, les sourcils fronc\u00e9s.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai pass\u00e9 les dix premi\u00e8res ann\u00e9es de ma vie. \u00c7a ne s\u2019oublie pas. Je n\u2019\u00e9tais pas revenu depuis, \u00e7a me fait tout dr\u00f4le. Vous ne r\u00eavez jamais de votre maison natale, vous\u00a0? Moi, \u00e7a m\u2019arrive. Souvent. Bien s\u00fbr, elle n\u2019est jamais tout \u00e0 fait la m\u00eame, mais je la reconnais \u00e0 coup s\u00fbr, gr\u00e2ce aux escaliers. Certaines nuits j\u2019en grimpe encore les marches. Elles craquent comme autrefois et je vous le certifie, au r\u00e9veil, j\u2019ai dans le nez cette odeur de vieux bois fleurant la cire et le grand \u00e2ge. Comme avant. Ce sont de jolis r\u00eaves.<br>Cette fois-ci le type rel\u00e8ve la t\u00eate. Il sort une cigarette de la poche de sa chemise et l\u2019allume. Un nuage de fum\u00e9e blanche passe devant le visage de Joshua. Il grimace. Peut-\u00eatre est-ce l\u2019odeur\u00a0? Ou bien le fait que la maison a disparu de son champ de vision, pendant une seconde. Il poursuit.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Et il y en a des escaliers, dans cette foutue baraque\u00a0! Combien \u00e9tions-nous \u00e0 une \u00e9poque, quatre, cinq familles \u00e0 y vivre\u00a0? Mes parents et moi logions au troisi\u00e8me \u00e9tage, juste en-dessous des combles, vous voyez, l\u00e0-haut\u00a0? On passait par la porte, l\u00e0-bas \u00e0 gauche, sous l\u2019auvent. C\u2019\u00e9tait aussi l\u2019entr\u00e9e des Ben Haddi, qui vivaient au rez-de-chauss\u00e9e. Notre escalier sinuait jusqu\u2019au troisi\u00e8me, sans desservir les autres paliers. \u00c7a m\u2019intriguait beaucoup, \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il y avait bien une porte, au deuxi\u00e8me, mais elle avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e. Tout y \u00e9tait biscornu, plein de d\u00e9tours, de recoins et de planques secr\u00e8tes. Si j\u2019avais \u00e9t\u00e9 confin\u00e9 ici, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, c\u2019aurait \u00e9t\u00e9 le paradis\u00a0!<br>Sur le visage de Joshua s\u2019\u00e9tend un large sourire\u00a0: celui d\u2019un gosse, mais teint\u00e9 de cette patine de la nostalgie qui est la marque de l\u2019\u00e2ge adulte.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On partageait tous le grand jardin. Je ne vous raconte pas le bric-\u00e0-brac\u00a0! C\u2019\u00e9tait le territoire des gosses. Notre pays des merveilles \u00e0 nous, o\u00f9 se m\u00ealaient tr\u00e9sors et herbes folles\u00a0: des ballons, un trampoline, un canap\u00e9 \u00e9ventr\u00e9 sur lequel je lisais mes bandes-dessin\u00e9es, quand il faisait bon, \u00e0 l\u2019ombre du vieux tilleul. Quelle odeur\u2026 L\u2019infusion au tilleul, \u00e7a n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 mon truc, vous voyez. Je trouve \u00e7a fade. Mais l\u2019odeur de ses fleurs&#8230; Il suffisait d\u2019une brise l\u00e9g\u00e8re pour que partout ces milliers de petits soleils diffusent l\u2019odeur des grandes vacances, jusque dans la rue. \u00c7a me faisait fr\u00e9mir les narines de bonheur\u00a0! L\u2019odeur du tilleul, depuis, me ram\u00e8ne ici. \u00c7a sent chez moi.<br>Il ferme les yeux, respire un grand coup puis les rouvre, d\u00e9\u00e7u.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 J\u2019en reviens pas qu\u2019ils l\u2019aient tomb\u00e9. Un arbre s\u00e9culaire comme \u00e7a\u00a0! Ses derni\u00e8res branches d\u00e9passaient largement le haut du toit\u00a0! Un g\u00e9ant vu d\u2019en bas. Mais par la fen\u00eatre de notre cuisine, on voyait le c\u0153ur de sa ramure. Les oiseaux qui y nichaient. Les jeux des \u00e9cureuils. Vous vous souvenez de Tic et Tac\u00a0? C\u2019\u00e9tait tout \u00e0 fait \u00e7a\u00a0!<br>Un rire bref s\u2019\u00e9chappe de sa bouche, propuls\u00e9 par la foule des souvenirs qui remontent en masse.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Je voulais tellement les apprivoiser\u00a0! Un jour, je ne sais pas comment je me suis d\u00e9merd\u00e9, j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 sauter sur la branche la plus proche de la fen\u00eatre. J\u2019ai pass\u00e9 l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 explorer l\u2019arbre. Ma m\u00e8re a failli faire une attaque quand elle m\u2019a vu perch\u00e9 si haut\u00a0! D\u2019autant que je ne savais pas comment redescendre, il a fallu aller chercher l\u2019\u00e9chelle, les cordes et tout le bazar\u00a0! Bon dieu, la racl\u00e9e que j\u2019ai prise\u00a0! Mais \u00e7a valait le coup. L\u2019une des branches ma\u00eetresses donnait sur la chambre de Sofia. Ah, Sofia\u00a0! Une m\u00f4me farouche et solitaire, qui ne descendait jamais jouer avec nous. J\u2019en \u00e9tais terriblement amoureux. Elle n\u2019a m\u00eame pas eu peur quand elle m\u2019a vu par la fen\u00eatre, planqu\u00e9 dans le tilleul. Oh non, elle \u00e9tait col\u00e8re\u00a0! Et sans doute un peu impressionn\u00e9e par mon exploit aussi. Je l\u2019ai lu dans ses yeux sombres. Ils brillaient. J\u2019ai marqu\u00e9 des points ce jour-l\u00e0\u00a0! Il se trouve que sa famille habitait le deuxi\u00e8me, pr\u00e8s du palier condamn\u00e9 dont je vous ai parl\u00e9. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 m\u2019asseoir sur les marches de l\u2019escalier, pour coller mon oreille au mur et voir si j\u2019entendais sa voix. J\u2019attendais, j\u2019\u00e9coutais. Je me demandais si c\u2019\u00e9tait la pierre qui refroidissait ma joue, ou ma joue qui r\u00e9chauffait la pierre. Me parvenaient des murmures, des cris \u00e9touff\u00e9s. Je me suis rendu compte en faisant attention que, ce qui faisait le plus de bruit en fait, c\u2019\u00e9tait la maison elle-m\u00eame. Elle craquait de la vie qui la remplissait. Vous avez vu la charpente massive au grenier\u00a0? Du solide, \u00e7a\u00a0!<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En effet, prit la peine de r\u00e9pondre l\u2019homme \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Un tr\u00e8s bel ouvrage.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On ne se rend pas compte aujourd\u2019hui, reprit Joshua, mais avant, c\u2019\u00e9tait la b\u00e2tisse la plus haute du quartier\u00a0! Un ch\u00e2teau \u00e0 mes yeux\u00a0! L\u2019hiver, quand je rentrais de l\u2019\u00e9cole, j\u2019apercevais de loin ses lumi\u00e8res, abrit\u00e9es sous le toit pointu. Elles guettaient mon retour comme celles d\u2019un phare. Quelle stature\u00a0! Aujourd\u2019hui, regardez ce carnage\u00a0! Comme elle semble esseul\u00e9e, cette maison biscornue, \u00e9cras\u00e9e par ces immeubles qui ont pouss\u00e9 comme de mauvais champignons, avec leur froide sym\u00e9trie et leur g\u00e9om\u00e9trie carr\u00e9e\u00a0! Foutue \u00e9poque.<br>Mais le type ne l\u2019\u00e9coute plus, il a d\u00e9croch\u00e9 son t\u00e9l\u00e9phone et le ton monte. Trop de contrats pour le moment, pas le temps avant la nouvelle ann\u00e9e, il ne peut pas faire plus vite que la musique\u00a0! Sur le visage de Joshua le sourire a disparu, gomm\u00e9 par cette foutue \u00e9poque qui vient de le rattraper et qui souffle comme un blizzard sur les souvenirs ti\u00e8des du pass\u00e9. Il regarde la maison comme on se recueille devant un mausol\u00e9e, un peu perdu, et les mots soudain ont l\u2019air inutiles.\u00a0<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Salut Josh\u00a0!<br>L\u2019int\u00e9ress\u00e9 se retourne. C\u2019est Sofia. Il sourit. Il l\u2019aurait pari\u00e9.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Salut,\u00a0voisine\u00a0!<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On a lu le m\u00eame journal, je suppose.<br>Et la patine de la nostalgie vient teinter le visage de celle qui est aussi devenue, depuis, une adulte.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Et le tilleul\u00a0? reprend-elle. Pauvre maison, on dirait une vieille dame priv\u00e9e de son ombrelle\u00a0!<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ils l\u2019ont abattu la semaine derni\u00e8re pour\u2026<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 ON VA Y ALLER\u00a0! interrompt l\u2019homme au dossier, son t\u00e9l\u00e9phone toujours en main.<br>Il l\u00e8ve un bras en direction du conducteur de la pelle hydraulique. Le pachyderme de fer se met \u00e0 mugir. Il semble gigantesque maintenant qu\u2019il s\u2019est r\u00e9veill\u00e9. Les vibrations se propagent dans l\u2019air et dans le sol. L\u2019atmosph\u00e8re tremble devant les yeux de Joshua. Son c\u0153ur s\u2019est mis \u00e0 trembler lui aussi. Les chenilles, en branle, passent lentement sur les vestiges du tilleul. Des morceaux de racine, de la terre \u00e9ventr\u00e9e. \u00c7a grince et \u00e7a racle. Rien ne peut arr\u00eater ce vacarme aux r\u00e9sonances apocalyptiques. Douloureuses, car in\u00e9vitables. Le bras se d\u00e9ploie. Joshua porte la main \u00e0 sa bouche. Alors, les dents du godet mordent la maison.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La cuisine\u2026 murmure Joshua.<br>Et dans un long d\u00e9chirement, celui d\u2019une ossature qui se rompt, de la pierre qui s\u2019\u00e9boule et du bois qui craque, tombent du ciel, happ\u00e9s par les dents de fer, Tic et Tac, l\u2019odeur de bois m\u00eal\u00e9 \u00e0 la cire, le vieux canap\u00e9 et le regard farouche de Sofia, surprise dans sa chambre en train de lire sa bande-dessin\u00e9e.<br>Beaucoup de gens se sont arr\u00eat\u00e9s dans la rue pour assister \u00e0 la d\u00e9molition. Il y a les simples badauds, excit\u00e9s par le spectacle et ceux qui ont connu la demeure. L\u2019\u00e9motion, dans les yeux de ces derniers, est palpable. Ils assistent \u00e0 une mise \u00e0 mort. On pourrait se perdre dans leurs regards charg\u00e9s de pass\u00e9.<br>Joshua reste fig\u00e9 tout le temps de l\u2019ouvrage. C\u2019est comme si un godet invisible remuait, en m\u00eame temps, les organes sous sa peau. \u00c7a tambourine, \u00e7a heurte, \u00e7a d\u00e9chire encore et encore. Lorsque la machine recule enfin, ne restent debout que des pans de murs \u00e9mergeant tant bien que mal parmi les gravats, dans un nuage de poussi\u00e8re.<br>Le type au dossier s\u2019allume une cigarette et applaudit.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La meilleure partie du boulot\u00a0! s\u2019exclame-t-il.<br>Mais devant les yeux rougis de ses voisins, il se reprend.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les choses\u2026 Vaut mieux pas s\u2019y attacher, dit-il.<br>Le silence lui r\u00e9pond, assourdissant depuis la fin du carnage. Alors les yeux du chef de chantier s\u2019adoucissent.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C\u2019est mon m\u00e9tier, dit-il comme pour s\u2019excuser. Votre maison\u2026<br>Il h\u00e9site, se gratte la t\u00eate, mal \u00e0 l\u2019aise parce que le r\u00e9confort et les mots pour l\u2019exprimer, \u00e7a n\u2019est pas son fort.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vos souvenirs, reprend-il, y a aucune pelle qui viendra jamais les d\u00e9truire.<br>Il grimace, mais poursuit.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C\u2019est ce que je me dis quand certains murs s\u2019\u00e9croulent autour de moi.<br>Alors Joshua s\u2019avance sur le lieu du d\u00e9sastre. Les nuages de poussi\u00e8re le changent en silhouette erratique aux airs de fant\u00f4me. Il s\u2019accroupit un moment puis revient. Il a dans la main un vestige de la maison. Un morceau de caillou aux angles tout biscornus. Glac\u00e9. Il referme les doigts dessus, serre fort. Et petit \u00e0 petit, la pierre devient ti\u00e8de. Ti\u00e8de comme un jour de printemps \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un grand tilleul. \u00a0<br>\u00a0<br><\/p>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rue Saint Ambroise, c&rsquo;est une maison d&rsquo;\u00e9dition sp\u00e9cialis\u00e9e dans la nouvelle. 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