{"id":555,"date":"2021-10-26T17:57:17","date_gmt":"2021-10-26T15:57:17","guid":{"rendered":"http:\/\/eleonore-sibourg.fr\/?p=555"},"modified":"2021-11-03T18:47:59","modified_gmt":"2021-11-03T17:47:59","slug":"publication-que-la-vie-vole-en-eclats-mais-de-couleurs-dans-le-recueil-du-concours-de-la-nouvelle-george-sand","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/eleonore-sibourg.fr\/index.php\/2021\/10\/26\/publication-que-la-vie-vole-en-eclats-mais-de-couleurs-dans-le-recueil-du-concours-de-la-nouvelle-george-sand\/","title":{"rendered":"Publication! \u00ab\u00a0Que la vie vole en \u00e9clats, mais de couleurs\u00a0\u00bb dans le recueil du Concours de la Nouvelle George Sand"},"content":{"rendered":"\n<p>Quel honneur ! Le concours international de la Nouvelle George Sand, parmi les <strong>410 textes re\u00e7us<\/strong>, en a s\u00e9lectionn\u00e9 onze. Je figure parmi les chanceuses, avec le texte \u00ab\u00a0Que la vie vole en \u00e9clats, mais de couleurs\u00a0\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me de l&rsquo;\u00e9dition 2021 \u00e9tait \u00ab\u00a0<strong>Grain de sable<\/strong>\u00a0\u00bb et le recueil vient de para\u00eetre aux \u00e9ditions de l&rsquo;Harmattan: <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"316\" height=\"503\" src=\"http:\/\/eleonore-sibourg.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Grain-de-sable.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-556\" srcset=\"https:\/\/eleonore-sibourg.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Grain-de-sable.jpg 316w, https:\/\/eleonore-sibourg.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Grain-de-sable-188x300.jpg 188w, https:\/\/eleonore-sibourg.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Grain-de-sable-230x366.jpg 230w\" sizes=\"(max-width: 316px) 100vw, 316px\" \/><figcaption><br><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Je ne saurais que trop le conseiller, les textes sont de grande qualit\u00e9. Le recueil est <strong>disponible sur toutes les plateformes<\/strong>, \u00e0 lire sans mod\u00e9ration donc ! Ci-dessous, ma nouvelle!<\/p>\n\n\n<p class=\"google-fonts-blocks\" style=\"text-align: left;\"><br>                               <strong>Que la vie vole en \u00e9clats, mais de couleurs<\/strong><br>1.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0<br>C\u2019est un vrai cabinet de docteur. Des appareils obscurs, froids, un \u00e9cran d\u2019ordinateur tr\u00f4nant sur un bureau jonch\u00e9 de dossiers. Au mur, un tableau avec des triangles et des ronds fades qui ne veulent rien dire. La dame discute avec maman et c\u2019est plein de mots trop compliqu\u00e9s, des mots qui la regardent de haut, tels que \u00ab\u00a0neuropsychologue\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0dysorthographie\u00a0\u00bb, avec, c\u2019est s\u00fbr, tout plein de ces \u00ab\u00a0h\u00a0\u00bb traitreusement cach\u00e9s qui la tourmentent \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<br>La docteure n\u2019est pas comme maman. Ses cheveux sont bien coiff\u00e9s, il n\u2019y en a pas un qui d\u00e9passe. Elle est mince, grande et ses habits ont l\u2019air d\u2019\u00eatre tout neufs. C\u2019est comme les dames sur les couvertures des magazines de la salle d\u2019attente. En fait, elle ressemble aux mots tr\u00e8s compliqu\u00e9s qu\u2019elle emploie. Ses yeux sont pareils \u00e0 ceux de Louna \u00e0 l\u2019\u00e9cole quand elle l\u00e8ve la main pour donner la bonne r\u00e9ponse. Et dans Louna il y a \u00ab\u00a0Na\u00a0!\u00a0\u00bb comme un pied de nez \u00e0 ce qu\u2019elle, Charlotte, ne sait pas faire. Charlotte n\u2019aime pas cette dame.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Comment \u00e7a se passe en classe, ma grande\u00a0?<br>Menteuse. Charlotte est toute petite et elle le sait. Elle ne dit rien parce que sinon elle va encore se tromper. \u00c0 l\u2019\u00e9cole, tout le monde l\u2019appelle \u00ab\u00a0l\u2019autiste\u00a0\u00bb. Elle ne sait pas ce que \u00e7a veut dire, mais \u00e7a lui fait penser \u00e0 \u00ab\u00a0otite\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0eau triste\u00a0\u00bb m\u00e9lang\u00e9s et \u00e7a n\u2019annonce rien de bon. Comme maman la presse de r\u00e9pondre, elle dit que \u00e7a va, c\u2019est tout. La dame sourit d\u2019un air entendu et ses doigts se mettent \u00e0 filer sur le clavier. L\u2019\u00e9cole, c\u2019est terrible, surtout en fran\u00e7ais parce qu\u2019il faut \u00e9crire beaucoup et que les mots ne se laissent jamais faire. Comme la ma\u00eetresse trouve \u00ab\u00a0mignon\u00a0\u00bb ce qu\u2019elle \u00e9crit, elle lit parfois son cahier aux autres:<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0Salle de pains\u00a0\u00bb, vous n\u2019imaginez pas une baignoire remplie de baguettes croustillantes\u00a0? Adorable\u00a0!<br>Ou encore\u00a0:<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0B\u00e9gayer l\u2019atmosph\u00e8re\u00a0\u00bb\u00a0! \u00ab\u00a0P-h\u00a0\u00bb, Charlotte, \u00ab\u00a0p-h\u00a0\u00bb\u00a0! Et voici que l\u2019air tremblote soudain sous nos yeux\u00a0! Comme c\u2019est charmant\u00a0! Et celle-ci encore\u00a0: \u00ab\u00a0Au caillou\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0au cas o\u00f9\u00a0\u00bb\u00a0!<br>Et toujours, deux ou trois t\u00eates se retournent et dans leurs yeux elle voit les moqueries qu\u2019elle entendra \u00e0 la r\u00e9cr\u00e9ation.<br>La dame demande si tout va bien \u00e0 la maison. Maman r\u00e9pond \u00ab\u00a0oui oui\u00a0\u00bb mais sous la table, Charlotte voit ses mains se tortiller comme les n\u0153uds de serpents dans les documentaires.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut envisager le trouble du spectre autistique.<br>Elle a un spectre? La chaise de maman est loin, elle ne peut pas se serrer contre elle. Soudain elle a froid et c\u2019est exactement comme dans le film \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 que papa regardait\u00a0: quand les fant\u00f4mes arrivent, l\u2019air devient glacial. Le clavier n\u2019arr\u00eate pas de cliqueter, la dame pose des questions et lui tend des papiers sur lesquels il faut lire et cocher des choses et donner une r\u00e9ponse et dessiner des formes et en reproduire d\u2019autres et c\u2019est long c\u2019est long elle va se tromper alors elle n\u2019\u00e9crit pas droit et les m\u00e9chantes lettres tourbillonnent\u00a0! Elle a tr\u00e8s envie de faire pipi soudain, alors elle serre les cuisses parce que maman l\u2019encourage. La dame continue \u00e0 prononcer des mots inconnus\u00a0: elle a des plaies au nasme\u00a0? C\u2019est beaucoup, dix gressions\u00a0? Invasions barbares\u00a0! Tout se brouille\u00a0: barre, barre, moussaillon \u00e0 la barbe \u00e0 rat\u00a0! Que de barbarismes\u2026 Il y a de l\u2019espoir, dit la docteure, mais pourquoi est-ce poire et pas pomme\u00a0? S, P, rance\u2026 Pomme moisie\u00a0? Et sur la feuille, l\u2019encre cafouille et se r\u00e9pand en \u00e9toiles d\u2019araign\u00e9e, le stylo tombe\u2026 Et Charlotte se rend compte qu\u2019elle est mouill\u00e9e. Maman se confond en excuses.<br>La dame finit par regarder la petite avec un dr\u00f4le d\u2019air, comme Louna quand elle tombe sur un calcul compliqu\u00e9. Puis le sourire revient mais c\u2019est un faux, un sourire-tapisserie qui recouvre un mur pas beau. Elle dit\u00a0:<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il ne faut pas t\u2019inqui\u00e9ter Charlotte, ce n\u2019est pas grave. Je suis l\u00e0 pour t\u2019aider. Tu vois, c\u2019est comme s\u2019il y avait un tout petit grain de sable dans ton cerveau. Moi, je suis l\u00e0 pour le trouver. Ensemble on va r\u00e9ussir \u00e0 l\u2019enlever et apr\u00e8s tout ira mieux.<br>Alors ils ont raison \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Elle a un grain. Elle n\u2019ose m\u00eame pas penser \u00e0 la fa\u00e7on dont la dame va fouiller dans sa t\u00eate pour le lui enlever. Comme les docteurs \u00e0 l\u2019h\u00f4pital\u00a0qu\u2019elle a vus \u00e0 la t\u00e9l\u00e9\u00a0? Elle murmure\u00a0:<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Maman, je veux rentrer.<br>\u00a0<br>2.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c7a se passe pendant le d\u00eener, comme d\u2019habitude. Charlotte fait rouler ses petits pois dans son assiette. Il y en a un qui se retrouve tout seul, \u00e0 l\u2019\u00e9cart des autres alors elle le mange en premier puis elle recommence, lorsque le ton de papa change\u00a0:<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tu me provoques\u00a0?<br>Le tintement des couverts de maman s\u2019arr\u00eate.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tu veux me pousser \u00e0 bout, c\u2019est \u00e7a\u00a0?<br>Les fant\u00f4mes viennent d\u2019entrer dans la maison.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Va dans ta chambre, Charlotte, souffle maman.<br>Elle laisse tomber sa fourchette \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du pois qu\u2019elle vient d\u2019isoler. La porte claque sur le mot \u00ab\u00a0pute\u00a0\u00bb qui ressemble aux crachats que certaines grandes personnes jettent sur le trottoir\u00a0: \u00ab\u00a0put\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0put \u00ab\u00a0put\u00a0\u00bb. Maintenant, les mots ont perdu leurs contours. Tant mieux. Elle voudrait que l\u2019orage (ou la rage\u00a0?) cesse mais le ton monte. Elle a envie de faire pipi.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut passer devant la cuisine pour aller aux toilettes. Au retour, son corps se fige dans l\u2019embrasure de la porte. Ils sont debout maintenant. Elle ne voit que d\u2019un \u0153il, le corps coup\u00e9 en deux dans la longueur par le chambranle de la porte\u00a0: comme \u00e7a, elle est \u00e0 moiti\u00e9 prot\u00e9g\u00e9e. Avant ils se disputaient moins, maintenant c\u2019est presque tous les jours. Peut-\u00eatre que c\u2019est la faute de son grain. Papa saisit la carafe et la l\u00e8ve au-dessus de sa t\u00eate. Des gouttes volent et scintillent avant de s\u2019\u00e9craser par terre.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pas devant la petite, balbutie maman en l\u2019apercevant.<br>\u00a0Ils viennent chacun \u00e0 leur tour lui souhaiter bonne nuit. Charlotte voit qu\u2019ils ont tous les deux du rouge dans les yeux\u00a0: chez papa \u00e7a fait comme de touts petits \u00e9clairs qui strient le blanc, chez maman, \u00e7a d\u00e9borde sur les paupi\u00e8res et sur le nez. Il dit qu\u2019il l\u2019aime et qu\u2019il aime aussi sa maman m\u00eame si elle fait tout pour l\u2019\u00e9nerver. Maman, elle, dit qu\u2019il ne faut pas s\u2019inqui\u00e9ter, que \u00e7a arrive et que \u00e7a ne dure jamais qu\u2019un moment. Mot ment. Les mots ne disent pas la v\u00e9rit\u00e9. Maman lui fait un c\u00e2lin, elle tremble de plus en plus au fil des jours, c\u2019est comme si c\u2019\u00e9tait Charlotte qui devait la serrer pour la consoler. Ma ment.\u00a0<br>La lumi\u00e8re s\u2019\u00e9teint. Charlotte pense au chien qu\u2019elles ont crois\u00e9 tout \u00e0 l\u2019heure \u00e0 la sortie du supermarch\u00e9. Il tirait de toutes ses forces sur sa laisse accroch\u00e9e aux caddies. Il lui a demand\u00e9 de l\u2019emmener avec ses yeux. Maman n\u2019a pas voulu\u00a0: \u00ab\u00a0Quelle id\u00e9e\u00a0!\u00a0Allez viens\u00a0! \u00bb Et elle a tir\u00e9 sur le bras de Charlotte comme le chien sur sa laisse. Il lui a lanc\u00e9 un aboiement plaintif. Son pelage roux avait l\u2019air doux et son regard d\u00e9bordait de tendresse et de d\u00e9ception.<br>\u00a0<br>3.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0<br>Il s\u2019est pass\u00e9 quelque chose d\u2019extraordinaire \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Charlotte n\u2019en revient toujours pas. Elle mange sa pur\u00e9e et chaque fourchet\u00e9e \u00e0 un go\u00fbt inhabituel de champs dor\u00e9s par le soleil. Quand papa attaque maman, ce soir, et qu\u2019elle doit filer dans sa chambre, c\u2019est moins grave parce que le petit soleil est toujours dans sa bouche. Elle l\u2019avale et il remonte dans sa t\u00eate. Elle sait qu\u2019elle va pouvoir s\u2019y r\u00e9chauffer.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C\u2019\u00e9tait mardi dernier. La classe lisait un texte farci de phrases loups-phoques avec un gar\u00e7on des fourmis plein les jambes et qui posait des lapins. N\u2019importe quoi\u00a0! La ma\u00eetresse est arriv\u00e9e en poussant devant elle un nouveau, les mains bien accroch\u00e9es aux lani\u00e8res du cartable qu\u2019il portait sur son dos. Il avait des lunettes rondes. \u00c7a lui grossissait les yeux.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tu peux te pr\u00e9senter\u00a0? a demand\u00e9 la ma\u00eetresse avec douceur.<br>Mais le gar\u00e7on n\u2019a pas pip\u00e9 mot. Le c\u0153ur de Charlotte s\u2019est mis \u00e0 battre un peu plus fort.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Comment tu t\u2019appelles\u00a0? a rench\u00e9ri Hugo qui n\u2019avait jamais de langue dans sa poche.<br>\u00a0Les joues du nouveau se sont empourpr\u00e9es.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Chacha, a-t-il fini par dire et la ma\u00eetresse, aussit\u00f4t, s\u2019est empress\u00e9e de corriger.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Sacha. On appelle \u00e7a\u00a0: avoir un cheveu sur la langue. C\u2019est tr\u00e8s commun, surtout chez les enfants\u00a0!<br>Charlotte voyait d\u00e9j\u00e0 les bouches mesquines s\u2019\u00e9tirer. Son c\u0153ur battait la chamade. Lui le cheveu, elle le grain. Quand la r\u00e9cr\u00e9ation est arriv\u00e9e, elle a pris son carnet \u00e0 dessins et ses crayons, comme d\u2019habitude et comme d\u2019habitude elle est all\u00e9e s\u2019asseoir dans un coin de la cour, loin des cris, des jets de ballons et des mots c\u0153urs ou mord-dents. Elle terminait l\u2019aile d\u2019un perroquet quand elle a entendu\u00a0:<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Chalut\u00a0!<br>Sacha s\u2019est assis pr\u00e8s d\u2019elle et n\u2019a rien dit de plus. Toute l\u2019\u00e9cole les regardait avec stupeur. M\u00eame le ballon de foot, aux rebonds solitaires, a fini par s\u2019immobiliser sur le b\u00e9ton. Toute tremblante, elle s\u2019est remise \u00e0 dessiner et les couleurs ont bient\u00f4t d\u00e9bord\u00e9 des contours. C\u2019\u00e9tait comme si les plumes de l\u2019oiseau pouvaient peindre le papier autour d\u2019elles.<br>Sacha est revenu pendant la r\u00e9cr\u00e9ation de l\u2019apr\u00e8s-midi. Il lui a demand\u00e9 son nom.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ch\u2019est joli, Charlotte, il a dit. Fachile \u00e0 prononcher. Tu as de la chanche.<br>Elle lui a r\u00e9pondu que s\u2019il restait avec elle, les autres n\u2019allaient pas le louper, il allait finir tout seul.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ben non, du coup\u00a0! a dit Sacha.<br>Elle l\u2019a regard\u00e9 droit dans les yeux. Il y avait plein de choses dedans, des choses belles mais aussi terribles, elle le sentait. Sa bouche s\u2019est ouverte tout rond mais elle n\u2019a rien dit. Il lui a souri. Et tout a chang\u00e9.<br>En allant \u00e0 l\u2019\u00e9cole le jeudi, Charlotte a eu mal au ventre comme jamais. Une journ\u00e9e sans voir Sacha. Et s\u2019il ne lui parlait plus\u00a0? Et si elle avait r\u00eav\u00e9\u00a0? Et s\u2019il avait chang\u00e9 d\u2019avis\u00a0? Mais il l\u2019attendait\u00a0 dans la cour de r\u00e9cr\u00e9ation:<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Chalut Charlotte\u00a0!<br>Il a m\u00eame demand\u00e9 \u00e0 ce qu\u2019ils soient \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Le vendredi, pendant la le\u00e7on de sciences, la ma\u00eetresse a projet\u00e9 au tableau le syst\u00e8me solaire. En regardant les satellites tourner autour de leur plan\u00e8te, Charlotte, la t\u00eate dans les \u00e9toiles et plus dans la lune, a compris d\u2019un coup ce qu\u2019\u00e9tait la gravit\u00e9\u00a0: une affaire en effet tr\u00e8s s\u00e9rieuse. Sacha et elle \u00e9taient aimant\u00e9s. Et \u00e7a avait \u00e0 voir, \u00e0 coup s\u00fbr, avec le verbe aimer. Premier groupe.<br>Charlotte repense \u00e0 tous ces merveilleux moments, chaque souvenir comme un bonbon qu\u2019elle repasse ind\u00e9finiment sur sa langue. Demain, c\u2019est mercredi, et Sacha et elle doivent jouer ensemble \u00e0 la maison. Ils se sont vite rendu compte qu\u2019ils habitaient dans le m\u00eame quartier. Il n\u2019y aura que maman, ce sera parfait. Il a dit, avant la fin de l\u2019\u00e9cole\u00a0:<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On che montrera un checret chacun d\u2019accord\u00a0?<br>Elle aime bien tous ses \u00ab\u00a0ch\u00a0\u00bb qui gomment le \u00ab\u00a0s\u00a0\u00bb sinueux et sournois des serpents, c\u2019est r\u00e9confortant, comme un vent gentil dans les feuilles. \u00ab\u00a0Ch\u00e2le\u00a0\u00bb est plus doux que \u00ab\u00a0sale\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0cach\u00e9\u00a0\u00bb plus myst\u00e9rieux et moins dur que \u00ab\u00a0cass\u00e9\u00a0\u00bb. Elle a dit oui.<br>4.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0<br>Mais le lendemain, rien ne se passe comme pr\u00e9vu. Sacha vient \u00e0 peine d\u2019arriver \u00e0 la maison et sa maman de repartir, que la voiture de papa se gare dans l\u2019all\u00e9e. Si Charlotte veut bien r\u00e9v\u00e9ler un secret \u00e0 Sacha, ce n\u2019est pas celui-l\u00e0. Son p\u00e8re passe \u00e0 grandes enjamb\u00e9es avant de s\u2019engouffrer dans la maison, l\u2019air furieux. Compte \u00e0 rebours.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Qu\u2019est-che qu\u2019il y a\u00a0? s\u2019inqui\u00e8te Sacha.<br>Elle secoue la t\u00eate, les l\u00e8vres crisp\u00e9es. Les secondes avant l\u2019orage, le calme avant la rage. Puis \u00e7a \u00e9clate. Ils vont tout g\u00e2cher. Le soleil dispara\u00eet \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la fillette, \u00e9teint par de gros nuages qui remontent en gouttes de pluie pour noyer ses yeux.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tu pr\u00e9f\u00e8res qu\u2019on aille jouer chez moi\u00a0?<br>\u00c9claircie.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Attends-moi, je vais chercher mon secret et j\u2019arrive\u00a0! dit-elle.<br>Elle file dans sa chambre, attrape sa bo\u00eete sous le lit. Dans le salon, c\u2019est la guerre. Pour une fois, elle prend son courage aujourd\u2019hui, pas \u00e0 demain, et crie pour couvrir la voix de ses parents\u00a0:<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Je vais jouer chez Sacha\u00a0!<br>Elle d\u00e9guerpit avec la sensation in\u00e9dite d\u2019avoir accompli une chose extraordinaire.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ch\u2019est grave comment, tes parents\u00a0? demande Sacha quand les larmes ont cess\u00e9. S\u00e9ch\u00e9es.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Peut-\u00eatre qu\u2019ils s\u2019aimaient avant mais ils ne s\u2019aiment plus maintenant. Je crois que c\u2019est ma faute. C\u2019est comme le Petit Poucet, tu connais l\u2019histoire\u00a0? Mes parents se sont perdus dans la for\u00eat, mais ils n\u2019ont pas pens\u00e9 aux petits cailloux. Ils s\u00e8ment plus.<br>Apr\u00e8s un temps, elle rajoute\u00a0:<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Et mon papa a \u00e9t\u00e9 mang\u00e9 par l\u2019ogre.<br>Ils arrivent devant la maison de Sacha\u00a0: biscornue, encadr\u00e9e par une minuscule bande de jardin, coinc\u00e9e entre des immeubles. Mais c\u2019est joli, \u00e7a rappelle les maisons de dessins anim\u00e9s, se dit Charlotte. Il sort une cl\u00e9 de sa poche.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mes parents travaillent tous les deux, explique-t-il. Comme tu m\u2019as r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un grand checret, je vais t\u2019en r\u00e9v\u00e9ler un gros \u00e0 mon tour.\u00a0 Tu vas voir la pi\u00e8che maudite.<br>Le d\u00e9m\u00e9nagement r\u00e9cent encombre encore l\u2019int\u00e9rieur. Dans un r\u00e9duit, au deuxi\u00e8me \u00e9tage, Sacha montre \u00e0 Charlotte une pile de cartons, tous marqu\u00e9s du mot \u00ab\u00a0Anthony\u00a0\u00bb. Il descend celui-du dessus et l\u2019ouvre : un avion miniature, un stylo plume, des posters roul\u00e9s au scotch, un trousseau de cl\u00e9s et un paquet de cigarettes recouvrent tout un tas de bric et de broc. Un v\u00e9ritable tr\u00e9sor.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ch\u2019\u00e9tait \u00e0 mon grand fr\u00e8re. Il est mort en voiture. Ch\u2019est pour cha qu\u2019on a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9. Notre maijon \u00e9tait devenue hant\u00e9e.<br>Charlotte d\u00e9couvre alors les terribles choses que Sacha a dans les yeux. Lui aussi a des soucis avec les fant\u00f4mes.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mais mon papa a voulu tout garder quand m\u00eame. Il ne faut pas le chupprimer encore une fois, il a dit. La pilule ne pache pas.<br>La fillette comprend bien qu\u2019une pilule, c\u2019est beaucoup plus gros qu\u2019un grain.<br>Les secrets de famille sont une chose, ceux des enfants en sont une autre. Sacha tend un carnet \u00e0 son amie\u00a0:<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mon carnet des \u00ab\u00a0CH\u00a0\u00bb\u00a0! Dedans, j\u2019y mets tous les mots avec le chon interdit, et je tente de trouver d\u2019autres mots qui veulent dire pareil mais avec d\u2019autres lettres\u00a0! J\u2019ai entendu parler d\u2019un livre o\u00f9 il n\u2019y a pas la lettre \u00ab\u00a0e\u00a0\u00bb, donc je peux y arriver\u00a0! Un jour, je pourrai parler normalement, chans\u2026.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Chans qu\u2019on chaperchoive que tu chochotes\u00a0? hasarde Charlotte.<br>Et leurs rires expulsent les fant\u00f4mes loin, bien loin au-del\u00e0 des murs de la chambre de Sacha. La petite feuillette les pages couvertes d\u2019une \u00e9criture appliqu\u00e9e o\u00f9 les chipolatas remplacent les saucisses, le merveilleux le sensationnel, les \u00ab\u00a0je vous prie\u00a0\u00bb les \u00ab\u00a0s\u2019il vous pla\u00eet\u00a0\u00bb. Il conna\u00eet tant de mots\u2026 Peut-\u00eatre qu\u2019il pourra les lui apprendre, lui\u00a0?<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c0 mon tour, dit-elle. Il me faut de la place. C\u2019est ma bo\u00eete \u00e0 moi, ce que j\u2019ai de plus pr\u00e9cieux, et personne n\u2019est au courant.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Perchonne\u00a0?<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tu es le premier.<br>Elle ouvre le couvercle et, devant un Sacha \u00e9bahi, dispose sur le sol toute sa collection de couleurs. Certaines sont fragiles, il faut y faire attention\u00a0: un fragment de polystyr\u00e8ne blanc comme neige, une fleur mauve s\u00e9ch\u00e9e. Un lego rectangulaire orange, un morceau de laine chocolat tachet\u00e9 d\u2019or, des boutons de chemise bleu nacr\u00e9\u2026 Il y a des dizaines d\u2019objets de toutes les couleurs. Elle saisit un papier de friandise au vert \u00e9tincelant.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On trouvait \u00e7a dans les vieilles bo\u00eetes de bonbons. J\u2019adore. \u00c7a s\u2019appelait des \u00ab\u00a0Quality Street\u00a0\u00bb.<br>Toute \u00e0 son affaire, elle poursuit\u00a0:<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut que le morceau de couleur tienne dans la bo\u00eete. C\u2019est la seule r\u00e8gle. D\u00e8s que je vois une couleur que je n\u2019ai pas, je la r\u00e9cup\u00e8re. Je les trouve par terre ou on me les donne. Tu vois par exemple ce carr\u00e9 de tissu bleu fonc\u00e9 ? C\u2019est ma mamie qui me l\u2019a donn\u00e9. Elle s\u2019en servait pour r\u00e9parer les pantalons, elle m\u2019a dit. Elle est morte elle aussi. Et le jeu, c\u2019est de les mettre par terre et de les ranger par couleur. Ou alors, tu peux dessiner des choses si tu les arranges ensemble pour faire des formes. On peut jouer \u00e0 l\u2019infini\u00a0! Je ne m\u2019arr\u00eaterai que lorsque j\u2019aurai r\u00e9uni toutes les couleurs du monde.<br>Sous les yeux du gar\u00e7on, lentement, prennent forme les ailes d\u2019un oiseau multicolore comme il en existe \u00e0 l\u2019autre bout du monde. Il n\u2019a jamais rien vu d\u2019aussi joli.<br>La m\u00e8re de Sacha trouve les enfants \u00e9parpill\u00e9s au milieu d\u2019un tapis de babioles chamarr\u00e9es. Il est l\u2019heure de raccompagner Charlotte\u00a0! Les tr\u00e9sors color\u00e9s sont rang\u00e9s dans la bo\u00eete aux merveilles.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Attends une minute\u00a0! dit-il, disparaissant quelques instants dans la pi\u00e8ce maudite avant de revenir, satisfait. On peut y aller\u00a0!<br>\u00a0<br>5.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0<br>Sur le chemin, ils discutent si bien que leurs sens restent aveugles \u00e0 la catastrophe. Ils ne per\u00e7oivent ni l\u2019odeur, ni les sir\u00e8nes. C\u2019est au d\u00e9tour de la derni\u00e8re rue seulement que le terrible spectacle s\u2019offre \u00e0 leurs yeux. Des flammes gigantesques, sorties tout droit des entrailles de la terre, d\u00e9vorent la maison de Charlotte, faisant mine de s\u2019attaquer au ciel. \u00c7a cr\u00e9pite, \u00e7a s\u2019\u00e9croule, \u00e7a craque et \u00e7a gronde. Les pompiers sont comme des fourmis combattant un monstre. Charlotte court, les couleurs brinquebalant dans sa bo\u00eete qu\u2019elle ne veut pourtant pas l\u00e2cher. Un policier l\u2019arr\u00eate.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Pas plus loin les enfants\u00a0! C\u2019est dangereux ici\u00a0!<br>Charlotte, p\u00e9trifi\u00e9e, ne peut pas parler. Sacha s\u2019avance bravement.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ch\u2019est cha maijon.<br>L\u2019expression autoritaire de l\u2019homme est comme balay\u00e9e par un coup de vent. Il ne peut cacher le choc. Charlotte voit tout dans ses yeux, tout ce que les mots du policier vont chercher \u00e0 ne pas lui dire, tout ce que les mots vont essayer de contourner, d\u2019att\u00e9nuer, d\u2019esquiver. Les tra\u00eetres.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C\u2019est ta maison\u00a0? r\u00e9p\u00e8te-t-il, effar\u00e9.<br>Il bat en retraite pour trouver un adulte plus responsable que lui, qui saura que faire, parce que m\u00eame les grandes personnes font \u00e7a.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Charlotte\u00a0? appelle Sacha.<br>Elle le regarde. Dans ses yeux si vastes elle voit les flammes qui d\u00e9vastent, du chagrin. Cha, grain. Le \u00ab\u00a0ch\u00a0\u00bb de Sa-cha avec son grain. Et dessous, les belles choses. Oui les belles choses. Il fouille dans la poche de sa veste, en sort un parapluie miniature, de ceux qu\u2019on met dans les verres quand on est chic. Le gar\u00e7on d\u00e9ploie la petite ombrelle aux couleurs de l\u2019arc-en-ciel et la lui tend.<br>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ch\u2019est un cadeau pour toi. Pour ta bo\u00eete. Ch\u2019\u00e9tait \u00e0 mon fr\u00e8re.<br>Puis il lui prend la main. Elle la serre fort tandis que trois hommes \u00e0 la mine grave s\u2019avancent vers les enfants.<br>\u00a0<br>\u00a0<br>\u00a0<br>\u00a0<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quel honneur ! Le concours international de la Nouvelle George Sand, parmi les 410 textes re\u00e7us, en a s\u00e9lectionn\u00e9 onze. 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